Parution de Catastrophes n° 7

Vient de paraître

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Téléchargez l’intégralité du n° 7 au format PDF :

https://revuecatastrophes.files.wordpress.com/2018/03/catastrophes-7.pdf

Ou bien accédez par le sommaire :

l’édito de Claire Tching

1. club
Léonidas Lamborghini, « Regardez vers Domsaar » (3/5), traduit par A. Diaz Ronda
Pierre Vinclair, « Horace à Rome » (3/3)
Laurent Albarracin, « Le Château qui flottait », 5
Phillip B. Williams, « Maîtrise »

2. tranimal
Alexander Dickow, « Dèze le Mécréant » (2/2)
Fabrice Caravaca, « Planète plate », 7
Ezra Pound, « L’Invention de la poésie chinoise », 3 traduit par Auxeméry
David Harsent, « Chantait le rat »

3. skag
A.C. Hello, « Une seconde », 6
Joshua Ip, « Ici et là », 3
Liliane Giraudon, « Ce qui s’affiche les nuits où tu n’as pas pu dormir »
Bai Juyi, « Les Regrets », traduit du chinois par M. Bombled

4. fish
Christian Prigent, « Indésirables » (4/4)
Guillaume Condello, « Tout est normal », 7
Christophe Lamiot Enos, « matin, Crète » (1/4)
Claire Tching, « La Poésie française de Singapour », 7

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On en parle

Un bel article de Thomas Demoulin consacré à Traité de la poussière :

« Jacqmin n’a publié qu’avec parcimonie », écrit Sabrina Parent, scrupuleuse, dans le texte accompagnant la publication du Traité de la poussière.

Oui, et toute la poésie (et peut-être pas seulement celle de Jacqmin) est là, dans ces scrupules attentifs, soigneux, qui éloignent du paraître et, difficilement, approchent de l’être. Que Sabrina Parent, par conséquent, se rassure : confiée aux bonnes heures du Cadran ligné, la parution posthume de ce Traité inachevé ne trahit en rien la voie ardue suivie par son auteur. Au contraire, fidèle à la souriante ironie de l’intitulé, un « traité », elle formule, encore plus qu’une hypothétique (non-)connaissance, une exigeante éthique de l’écriture. Et avec elle une discipline poétique où les mots, loin de se glorifier de leur éclat silencieux, toujours vain, doivent se sublimer pour parvenir, par impossible, au limpide infini.

Il faut avoir le cœur endurci pour infliger
aux choses
le châtiment de notre verbe.

François Jacqmin, Traité de la poussière, Editions Le Cadran Ligné, 2017.

François Jacqmin, Traité de la poussière, Éditions Le Cadran Ligné, 2017.

La parole tue ; elle éteint. Elle nous rend sourds et aveugles aux humbles choses, elle nous rend arrogants, nous manquons de tact car elle empêche nos mains de se dilater vers elles. A l’encontre du bleu du ciel, par exemple,

un mot est le début
d’un nuage.

Obnubilation, obstruction, obturation : le piège du langage, dans le pire du cas, est de se faire réclame, autopromotion. Ce qui se referme sur nous, c’est alors l’usinerie de nos fictions, avec sa nuée servile de gloires mercantiles et de satisfaction de soi. L’horizon se bouche. Cependant Jacqmin nous guérit aussitôt de l’illusion inverse, qui serait de croire que nous pouvons évoluer hors de ces rets :

On suit docilement le sentier qui mène
à la mort
en entraînant le langage dans notre chute.

L’humain est un animal qui parle, notre condition est faite de langage. Notre effort pour lutter contre notre propre pesanteur ne peut mobiliser que l’instrument même de notre désastre, de sorte que le poète a la tâche un peu folle de faire feu de ce bois-là.

La tentative de Jacqmin est de la plus haute exigence. Il travaille les mots de manière à obtenir d’eux, de leur rythme, de leur unité poétique, la cessation de l’activisme verbeux et inerte qui les cantonne dans le paraître. L’ascèse d’écriture consiste à témoigner d’une pure extériorité.

(…)

Thomas Demoulin

 

 

Retrouvez l’intégralité de cet article sur le site Recours au poème :

https://www.recoursaupoeme.fr/francois-jacqmin-traite-de-poussiere/

revue Catastrophes

Vient de paraître le n° 5 de la revue Catastrophes.

Retrouvez l’intégralité du numéro en PDF ici :

https://revuecatastrophes.files.wordpress.com/2018/01/catastrophes-5.pdf

l’édito
Laurent ALBARRACIN, « L’Esprit du bas »

fous
Ezra POUND, « L’Invention de la poésie chinoise », 1, traduit par Auxeméry
suivi par « L’Invention de la lumière », par AUXEMÉRY
Guillaume ARTOUS-BOUVET, « Triptyque »
A.C. HELLO, « Une seconde », 4
Leonidas LAMBORGHINI, « Regardez vers Domsaar » (1/6) traduit par A. Diaz Ronda

lubriques 
Christian PRIGENT, « Indésirables. Sonnets les matines » (2/4)
Cyril WONG, « Remerciements » (1/2), traduit par P. Vinclair
Claire TCHING, « La Poésie française de Singapour », 5
Guillaume CONDELLO, « Tout est normal », 5

cornards 
Fabrice CARAVACA, « Planète plate », 5
Serge AIROLDI, « Voici l’espèce » (5/5)
Pierre LENCHEPÉ & Ivar CH’VAVAR, « Ajustement » (5/6)
Laurent ALBARRACIN, « Le Château qui flottait », 3

bateleurs 
Julia LEPÈRE & Fanny GARIN, « Accents fantômes » (3/3)
Joshua IP, « Ici et là », 1, traduit par P. Vinclair
Eliot WEINBERGER, « Mahomet » (5/6) traduit par G. Condello
Pierre VINCLAIR, « Horace à Rome » (1/3)

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© Patrick Wack

 

Un haïku de Christian Ducos

le bruit des pas sur les feuilles

et puis

le bruit des pas sur les feuilles

 

Le très discret poète Christian Ducos, dont nous avons publié le recueil Dans l’indifférence de l’arbre, publie dans la maison d’édition qu’il dirige, Le Pauvre Songe, un ensemble de trois recueils qui se décline ainsi :

L’éclair, sur quoi d’autre bâtir…

(39 aphorismes)

Haï/12/ coups de minuit

(12 haïkus)

La barque vide, suivi de Le dernier tram

(deux récits en prose)

soit trois plaquettes de 16 pages au format accordéon (8 cm x 16 cm), enrichies d’encres de l’auteur et livrées sous enveloppe japonaise.

Nous ne saurions trop vous encourager à le suivre sur ses sentiers à lui, battus et rebattus d’évidence.

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© Christian Ducos

 

 

Parution du n° 3 de Catastrophes

Téléchargez ici le pdf complet du No. 3 de Catastrophes

Noël au ball-trap

par Laurent Albarracin

N’en doutez pas : c’est par antiphrase que Catastrophes s’intitule Catastrophes. On connaît l’anecdote de Valéry proposant malicieusement ou perversement le titre Littérature à Breton qui cherchait, en 1918, un nom pour sa revue qui serait le contraire d’une revue « littéraire », avec ce que la notion pouvait recouvrir pour lui d’académique, de sérieux, de carriériste, d’assis, de bourgeois. Rien de catastrophiste donc dans notre conception de la poésie ou du monde, nulle haine de la poésie qui viendrait compliquer inutilement notre rapport à elle [1]. Pas même la moindre déploration quant à l’état prétendument moribond d’un domaine de la création où la vitalité et l’invention nous semblent toujours à l’œuvre et de mise, aujourd’hui comme hier. Nous ne sommes les Cassandre de rien et la poésie en tant qu’activité de l’esprit nous semble encore devoir accompagner le sentiment du monde et de la langue, et plutôt dans la joie que dans l’amertume. On n’annonce d’ailleurs pas de résurrection spéciale puisque la poésie n’a jamais été morte.

On peut bien sûr regretter telle ou telle difficulté financière pour les revues papier ou les éditeurs, telle ou telle baisse de subventions, etc. mais les poètes sont de toujours les mieux armés contre l’adversité parce qu’ils ont l’imagination de leur côté. Une revue sur internet comporte bien quelques inconvénients (de lisibilité par exemple) mais elle a l’avantage d’une réalisation facilitée et offre un espace ouvert à l’expérimentation et en particulier aux œuvres de longue haleine – d’où le choix de Catastrophes de privilégier les feuilletons et les travaux qui s’inventent à mesure de leur écriture, grâce à une périodicité relativement rapide (mensuelle).

Lorsque le solstice d’hiver assombrit le jour et réduit son amplitude, c’est bien la bûche du poème dans l’âtre qui maintient le flambeau de la lumière et la croyance en son renouveau. Mais le poème n’est même pas une espérance. Il est un état de fait, une « propriété de la matière » comme disait Maurice Blanchard. Il relève pour lui la part d’inconnu qu’il y a dans les choses. Il exprime souvent le moment d’une inquiétude heureuse, d’un indécidable qui est chance. Le poème n’est pas une solution ; rien n’est une solution, excepté peut-être le fait qu’on peut, qu’on doit, qu’on VEUT vivre avec l’irrésolu comme avec cette dimension qui accroît le monde. Face aux périls et aux catastrophes, face à la nuit « noire et blanche » de Nerval, le contraste et l’ambivalence restent un chatoiement des possibles. On peut certes s’indigner mais c’est plus ou moins se lamenter. On peut aussi décider d’accueillir le monde tel qu’il va et s’écroule et c’est presque le redresser. Les ruines elles aussi fleurissent. La neige est lourde et froide et elle est légère et cotonneuse. Le poète choisit toujours, sans hésitation, le camp de l’indécidable. La catastrophe est d’abord cet instant dramatique qui relance le récit qu’on se livre à soi-même.

Dès lors, amusons-nous un peu. Prenons le contre-pied de l’époque, dégonflons la baudruche et vidons-la de cet air ambiant morose et satisfait. Tirons sur l’ambulance avec des flèches qui sont aussi des rennes ou des chevaux de trait. Dégommons le sérieux – avec l’application et le sérieux que cela requiert. Balançons au besoin quelques gifles pour faire claquer le vent. Attaquons les moulins avec la ferveur des illusions sues. Ce mois-ci, Catastrophes fête Noël au ball-trap, puisque tout fait boule de neige à qui a le réel pour cible. On vous invite au chamboule-tout. Vous trouverez au sommaire de ce numéro des glissades contrôlées dans de vastes territoires encore vierges, des aventures épiques, héroï-comiques, des jongleries, des pitreries et même des sapins tropicaux. Mais dépêchez-vous. Déjà le pôle Nord fond (Serge Airoldi, Fabrice Caravaca, A.C. Hello), le ciel est vide (Guillaume Condello, Eliot Weinberger, Clément Kalsa, Étienne Besse), la cheminée est allumée (Pierre Lafargue, Claire Tching, Hamid Roslan, Laurent Albarracin) : ça sent le sapin (Pierre Lenchepé & Ivar Ch’Vavar, Madeleine Lee, Julia Lepère & Fanny Garin, Gabriela Mistral).

 [1] Vous trouverez dans ce numéro 3 de Catastrophes une réaction de Pierre Vinclair à cette proposition, en cliquant sur « La poésie est une ordure. D’ailleurs le Père Noël n’existe pas ».

Le sommaire complet :

L’édito
Laurent ALBARRACIN : « Noël au ball-trap »

Le Pôle Nord fond
Serge AIROLDI, « Voici l’espèce » (3/5)
Fabrice CARAVACA, « Planète plate », 3
A.C. HELLO, « Une seconde », 2

Le ciel est vide
Guillaume CONDELLO, « Tout est normal », 3
Eliot WEINBERGER, « Mahomet » (3/6), traduit par G. Condello
Clément KALSA, « mainmorte » (3/4)
Étienne BESSE, « Tarn tentation — absolution »

La cheminée est allumée
Pierre LAFARGUE, « Le pot, les os » (3/3)
Claire TCHING, « La Poésie française de Singapour », 3
Hamid ROSLAN, « 2×2 poèmes », traduit par P. Vinclair
Laurent ALBARRACIN, « Le Château qui flottait », 1

Ça sent le sapin
Pierre LENCHEPÉ & Ivar CH’VAVAR, « Ajustement » (3/6)
Madeleine LEE, « arbres à pluie » (2/3), traduit par P. Vinclair
Julia LEPÈRE & Fanny GARIN, « Accents fantômes », 1
Gabriela MISTRAL, « Tala », traduit par I. Gayraud

Post-scriptum
Pierre VINCLAIR, « La poésie est une ordure. D’ailleurs le Père Noël n’existe pas »

 

Salon de l’autre LIVRE

Le Cadran ligné sera au Salon de l’autre Livre le vendredi 18 et le samedi 19 novembre, sur le stand B 07 en compagnie de Pierre Mainard éditeur, Le Grand Os et Tupi or not Tupi. Nous y présenterons nos nouveautés : Gestes de Boris Wolowiec et Traité de la poussière de François Jacqmin.

Samedi 18 / 11h-21h

Dimanche 19 / 11h-19h

Espace des Blancs-Manteaux
48 rue Vieille-du-Temple
75004 Paris 

(Métro Hôtel de Ville)

Entrée gratuite 
l'autre Livre