Une île en poésie

Les samedi 6 et dimanche 7 juillet, retrouvez les éditions le Cadran ligné sur l’ile de Béhuard près d’Angers. En compagnie de nombreux autres éditeurs.

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Une lecture du Traité de la poussière

Merci à Christophe Stolowicki pour sa lecture très personnelle et impliquée du Traité de la poussière de François Jacqmin.

Extrait :

(…) D’austérité athée, un scapulaire flotte dans le big bang. Dans l’ossuaire d’avant le Verbe. Brûlant, glacial, posthume dont le carbone est diamant, le concept taillé à facettes par la face nord. Poèmes d’une magnificence ontologique inégalée, non transcendentale, subtile, suborbitale, intime à la (dé)nomination. Fraternelle prière pour les agonisants d’un qui se sait condamné. « L’être / ne peut se prévaloir / de l’absolu // sans déchoir. / Toute hiérarchie / amoindrit. » L’impesé, l’impensé erre à mi-voix. Une sagesse, un ça en geste abolit toute chanson, sinon de l’être – à même soi et desquamé.

À l’aune de ces sizains Sein und Zeit, Être et temps raisonne dérisoirement, résonne outrageusement comme un chant nazi – non le grégorien « L’approche de l’être s’effectue / aussi / à travers le chant // qui se poursuit / dans le silence que chante / l’être. »

« Ce qui est / renvoie à l’humilité / de  ce qui est. // Le proclamer ne dépasse / pas / le cri des mouettes », leur stridence funèbre.

« L’alouette est trempée d’altitude. / Le jour / pur et inéluctable se lève. // Ni le regard ni la pensée / ne pénètrent / les intentions de tant de limpidités. » L’immanence plus religieuse que les religions, répondant à, répondant de l’ultime question de Leibnitz, pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien. La poésie  garant de l’être rien. (…)

Suite de l’article sur Sitaudis : https://www.sitaudis.fr/Parutions/traite-de-la-poussiere-de-francois-jacqmin-1560587981.php

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Le Cadran ligné au Marché de la poésie

Retrouvez les éditions Le Cadran ligné au 37e Marché de la poésie à Paris, place Saint-Sulpice

du mercredi 5 au dimanche 9 juin 2019

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en compagnie des éditions Dernier Télégramme et des revues Catastrophes, « Inter, art actuel » et Ouste.

mercredi 5 juin : 14 h – 21 h 30

du jeudi 6 au samedi 8 juin : 11 h 30 – 21 h 30

dimanche 9 juin : 11 h 30 – 20 h

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Une lecture de Bleigiessen, la vision par le plomb

Merci à Christophe Stolowicki pour son beau compte rendu paru sur Sitaudis.

Extrait :

« Se greffant sur une tradition allemande et nordique, « le soir de la Saint-Sylvestre [de] verser dans l’eau un morceau de plomb fondu à la flamme d’une bougie. Au contact du liquide la goutte de métal en fusion se fige instantanément et donne à voir des formes […] dont on tire des présages […] pour l’année à venir. On trouve ainsi dans le commerce, pendant la période des fêtes de fin d’année, des kits de Bleigiessen (littéralement le ‘‘verser-du-plomb’’) », une photographe et un écrivain se livrent à  l’expérience aux échos de test de Rorschach et de cadavre exquis sur « une trentaine » de volontaires invités à « donner libre cours à leur imagination paréidolique », par séances individuelles – sans l’échauffement collectif des publicitaires en quête d’idées ni des surréalistes historiques.

Le résultat est saisissant. (…) »

Lire la suite de l’article sur Sitaudis :

https://www.sitaudis.fr/Parutions/bleigieben-la-vision-par-le-plomb-de-sylvain-tanquerel-et-katrin-backes.php

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Une lecture de Plic ! Ploc ! sur Sitaudis

Merci à Tristan Hordé pour sa lecture du livre de Christian Ducos tout fraîchement tombé de la dernière pluie.

Extrait :

« Plic ! Ploc ! le bruit de la pluie, Ploc ! le bruit de la grenouille qui tombe dans l’eau chez Bashô, et le titre de la revue de l’association française du haïku… On sait que le haïku classique (de Bashô, Issa, chacun ici dans un haïku) compte trois vers non rimés de 5, 7 et 5 syllabes, relatifs notamment aux saisons, aux choses de la vie quotidienne. Le genre a été introduit en France au début du XXesiècle et adapté par de nombreux poètes, dont Paul Éluard qui a publié 11 haïkus en 1920 et qui s’est souvenu de cette forme ensuite, par exemple dans Cours naturel, en 1938 :

                  Le bec de bois crachait des flammes vertes

                  L’herbe aurorale

                  Chant des fontaines disparues

    L’essentiel est, chaque fois, de conserver la brièveté, l’emploi de groupes nominaux, l’inégalité dans la longueur des trois vers, mais aussi le déséquilibre syntaxique. Il ne s’agit pas de restituer dans notre langue ce qui appartient à une culture fort éloignée de la nôtre, ce que rappelle Christian Ducos pour qui l’intérêt du haïku vient de ce qu’il « entretient un rapport très particulier avec le sens qu’il s’emploie à immobiliser, figer pour mieux faire entendre le silence dans lequel il est tout entier contenu. » Beau programme que de chercher à restituer pour le lecteur le « mystérieux pouvoir d’évidement » du haïku. » (Tristan Hordé)

Suite de l’article sur Sitaudis :

https://www.sitaudis.fr/Parutions/plic-ploc-de-christian-ducos.php

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Nouvelle lecture d’Ode au paillasson

Merci à Jean-Pascal Dubost pour son bel article consacré à Ode au paillasson et paru dans Poezibao.

Extrait :

« Quand il n’écrit pas de faux romans, de fausses auto-fictions, dans de vrais faux genres littéraires, Eugène Savitzkaya lâche les tigres de son moteur imaginatif à dominante farce médiévale souventes fois. Les quatre textes réunis sous ce titre furent à l’origine publiés en revue, dans Luna Park pour trois d’entre eux.

Comme à son habitude, l’auteur déroute les genres. À l’origine, l’ode était un chant, lyrique en ce que le poète y laissait s’exprimer sentiments échauffés ; parfois crié ; d’un lyrisme choral. Les sentiments échauffés exaltaient de grandes pensées, de grands hommes, de grands faits, enfin tout ce qui trônait sur les hauteurs et à hauteur des dieux et des hommes évhémérisés, au pire héroïsés. Bref, autant une forme qu’un genre de grande noblesse. Alors, faire se rencontrer l’ode et le paillasson relève bien d’une farce digne d’Eugène Savitzkaya. Un genre-forme noble et un objet des plus terrestres et pédestres qui soit, comme si l’auteur voulait nous signifier que les dieux et les héros, il s’essuie les pieds dessus ; ce qui ne serait pas étonnant de la narquoiserie savitzkayienne.» (…)

Lire la suite sur le site de Florence Trocmé : https://poezibao.typepad.com/poezibao/2019/05/note-de-lecture-eug%C3%A8ne-savitzkaya-ode-au-paillasson-par-jean-pascal-dubost.html?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+typepad%2FKEpI+%28Poezibao%29

 

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Une lecture d’Ode au paillasson

Merci à Marc Wetzel pour sa lecture enthousiaste d’Ode au paillasson d’Eugène Savitzkaya.

Extrait :

« Où en est la poésie d’Eugène Savitzkaya ? Sereinement à son sommet, malgré sa vorace fébrilité, sa cruelle droiture, son faux-air de brunch apocalyptique. Les quatre textes qui composent ce recueil sont comme de radieuses et rances malédictions, qui ont les limites de leur imprécation, – mais c’est une imprécation de la vie, et d’une vie qui ne souhaite pas laisser la raison décider d’elle ou pour elle ! L’auteur est partout là, rebelle à tout statut, contemplant le travail de la nature (ou, mieux, « la méthode de la matière », comme disait le critique Johan Faerber), faisant le fou comme il le nomme et se nomme, c’est à dire « revenant à la charge », « désapprenant » toutes les leçons de civilité apprises, observant comment une Terre toujours adulte se défend de nous (comme un patou consciencieux, dit-il, renverse et dévore légitimement l’ahuri Vététiste coupant les pâtures), adepte d’une sorte de vertige expérimental qui sonde et recalibre tout, fidèlement délirant quand il restitue tant sa mère que la Genèse, sources de vie et de monde. »

Lire la suite de l’article dans la revue Traversées : https://revue-traversees.com/2019/05/05/eugene-savitzkaya-ode-au-paillasson-le-cadran-ligne-avril-2019-64-pages-14-e/

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Une lecture de Plic ! Ploc !

Merci à Marc Wetzel (et à Florence Trocmé) pour son excellent compte rendu paru dans Poezibao :

Rien ne peut être héroïque dans un haïku (qui exclut l’exceptionnel, même dans le mal) ; rien ne peut être grandiose (jamais la justesse ne s’étale ni n’abonde) ; rien ne peut être dramatique (on sait d’avance qui va gagner ou perdre, et c’est le monde, unique acteur, seules source et issue de toutes les tensions). Cela n’exclut, pourtant, respectivement, ni la vaillance, ni la noblesse, ni la gravité.

Une première force de la poésie de Christian Ducos est qu’elle sait apprivoiser le devenir. Bergson a tort : la discontinuité, la solidité, la répétitivité des mots peuvent ne pas trahir ou dénaturer la continuité, la fluidité, le jaillissement de nouveauté du courant des choses. Il suffit de restituer comment le réel en est arrivé là, et de suggérer ce que signifie « se produire ». La parole inspecte les points de départ et d’arrivée de l’état de choses, se glisse à l’intérieur de l’élan d’existence, colonise la métamorphose en cours, magnifie le processus, célèbre en tout comme une transfiguration actuelle. Ainsi le poète ne dit plus « je suis chauve », « le bouquet se fane », « vieillesse ennemie », ou même « un batracien progresse » mais :

« le temps a passé
sa main dans mes cheveux
et les a gardés » (p. 18)

« de temps à autre
au pied du vase
un pétale » (p. 21)

« dernières bougies
les plus difficiles
à souffler » (p. 49)

« de lotus
en lotus
la grenouille » (p. 19)

(…)
Marc Wetzel

Lire la suite sur https://poezibao.typepad.com/poezibao/2019/04/note-de-lecture-christian-ducos-plic-ploc-par-marc-wetzel.html

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