Un entretien avec Marc Graciano

Yann Étienne s’entretient avec Marc Graciano dans les pages de Diacritik. Extrait :

« Les parutions de Johanne au Tripode et du Charivari au Cadran Ligné sont l’occasion d’aller à la rencontre d’un écrivains des plus singuliers. Les textes de Marc Graciano sont contemporains parce qu’archaïques et ce paradoxe fécond leur donne leur patine particulière. Depuis Liberté dans la montagne en 2013, son œuvre s’est étoffée, radicalisant peu à peu ses procédés stylistiques et narratifs tout en diversifiant ses arcs esthétiques. Entrer dans les rouages de cette œuvre dans le monde d’aujourd’hui, c’est saisir les modalités particulières d’une conjonction entre une langue extrêmement stylisée, neuve autant que vieille, et le rapport de l’écrivain à une fiction première et primale, revenue de l’aube des récits.

(…)

Le Charivari aux éditions Cadran Ligné a paru peu avant Johanne. Ce texte fait suite au Sacret et au Soufi, et prend place dans ce que vous appelez le Grand Poème. Pourriez-vous nous parler un peu de ce projet, long de plusieurs milliers de pages, dont une infime partie est émergée ? A-t-il vocation à être intégralement publié ?

C’est en effet un projet long que j’ai choisi de publier peu à peu en courts fragments, principalement au Cadran Ligné. Cette maison d’édition me parait fortement adaptée à ce projet où j’ai l’intention de beaucoup pousser les feux, comme l’on dit, question style, frôlant bien souvent l’expérimentation. Il s’agit de la vie d’un homme, de l’enfance à la mort, qui se fera ermite et voudra établir une maison-Dieu sur le lieu de son ermitage, mais échouera et renoncera, découvrant que la maison de Dieu existe déjà, et qu’elle est le monde qui l’entoure. Tous ces fragments ont vocation à être réunis un jour (après relecture et refonte) dans un seul volume. Ce sera je crois, au risque de paraître ambitieux ou présomptueux, mon grand œuvre (qu’il n’est pas encore certain que je pourrais mener à terme.) Je l’appelle grandiloquemment Le grand poème, mais ce n’est pas l’écrit lui-même que je qualifie ainsi, mais bien toute la poésie du monde de laquelle il tentera de rendre compte. (…)  »

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