Le Soufi

de Marc Graciano

Frontispice de Victor Soren

14 €

64 pages

ISBN : 978-2-9565626-1-0

Le Soufi est un récit porté par une seule phrase aux multiples méandres et d’une méticulosité presque obsessionnelle. Il est l’occasion pour l’auteur de développer des visions où l’étrange le dispute au merveilleux. On y retrouve l’univers mythique des « romans » du même auteur publiés chez Corti.

« Le petit homme avait élevé la circulaire tôle au-dessus de sa tête, de telle manière que sa forme coïncidât avec le disque solaire et qu’elle en éclipsât miraculeusement toute la lumière, si bien que le gyrovague dit avoir eu la conviction que la nuit s’était instantanément et miraculeusement installée sur le désert, comme dans une prodigieuse éclipse. »

A propos de ce livre, un bel article de Claro paru sur son blog Le Clavier Cannibale :

https://towardgrace.blogspot.com/2020/10/la-misericorde-en-uvre-le-soufi-de-marc.html

Extrait : « Je ne suis que depuis peu le travail de Marc Graciano, dont j’ai lu seulement les deux derniers ouvrages, mais à chaque fois je suis fasciné par la scansion particulière de sa phrase qui, fermement articulée sur d’effectifs pivots, lui permet d’imposer un récit qui semble tendre vers la fable tout en distillant un autre niveau, qui reste à estimer. C’est dû en partie au rapport qu’entretient l’auteur avec le lexique – visant la précision, il recourt parfois à des mots rares – et avec la syntaxe – refusant d’ancrer son récit dans un lieu et un temps nommés, il donne à ses tournures une inflexion qu’on qualifiera, faut de mieux, d’ancienne. Mais je suppose que tout cela a été déjà dit et remarqué. Le fait est qu’il en résulte une diction à la fois haute par sa tenue et fluide par sa maîtrise, d’un classicisme apparent – mais seulement apparent –, qu’on pourrait bien sûr trouver précieuse, mais dont la méticulosité, la minutie, me semble l’ombre portée d’une exigence méritant toute notre attention. Car ce que fait Graciano ne me semble relever uniquement d’un simple mimétisme – dans le sens où on pourrait penser qu’il se contente de dupliquer une langue, on l’a dit, classique –; il s’agit plutôt pour lui – à mon sens – de tirer profit de l’extrême exactitude de la langue pour faire du récit et de la description un événement en soi, si bien qu’on ne saurait démêler la magie des rituels décrits du rituel tout aussi magique de la phrase. » (…)

Un bel article de Jean-Marc Flapp dans la revue Dissonances n° 39 :

https://revuedissonances.com/graciano-marc-le-soufi/

Dans le Matricule des anges n° 217 (octobre 2020) :

Lire un entretien de Marc Graciano avec Marie-Pierre Soriano sur le blog Le Triangle masqué.

Compte rendu de Sébastien Omont dans le n° 118 de En attendant Nadeau :